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Published on décembre 5th, 2017 | by Ariane Pollo

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Non à No Billag

Le 4 mars 2018 aura lieu le vote fédéral suisse concernant « l’initiative visant la suppression de la redevance radio-télévision (Billag) ».

L’initiative No Billag est une attaque frontale contre notre démocratie et contre une société ouverte et pluraliste. Son adoption aurait des effets dévastateurs sur le cinéma suisse. Aussi est-il vital que le corps électoral soit suffisamment informé sur son contenu et ses conséquences.

En tant que créateurs culturels, nous sommes justement appelés à sensibiliser, informer et con-vaincre toutes les personnes de notre entourage avec tous les moyens dont nous disposons.

Nombreux sont ceux qui ne voient dans cette initiative que la suppression d’une « taxe imposée » gênante. Mais la plupart ne connaissent pas (encore) son contexte général. Nous pouvons at-teindre ces personnes en créant un lien personnel. Nous avons besoin pour cela d’arguments convaincants.

1. Menace pour le cinéma suisse
En marge de l’Office fédéral de la culture, la SSRSSR est le deuxième pilier du cinéma suisse, devant les sponsors régionaux. La collaboration entre la SSR et l’industrie cinématographique est régie par le « Pacte de l’audiovisuel » : L’histoire d’un succès qui dure depuis plus de 20 ans.

Si la SSR disparaît, le Pacte disparaît également avec 1/3 des moyens attribués, et plus grave encore : les films suisses perdent leurs espaces de diffusion et donc la possibilité d’atteindre un large public. Ni les émetteurs privés ni les émetteurs étrangers ne pourront jamais remplacer la SSR, aussi bien en tant que coproducteur que pour diffuser les films.

De nombreux électeurs ignorent que sans la participation de la SSR, les films favoris du public, comme « Die Herbstzeitlosen », « Die göttliche Ordnung » ou « Schellenursli », ne pourront plus être produits. Les films documentaires, qui contribuent à donner une image différente et variée de notre société et dépendent fortement du partenariat avec la SSR, n’existeront plus non plus. Des facteurs essentiels, contribuant à l’identité culturelle de la Suisse et à sa représentation à l’étran-ger, sont donc en jeu !

2. Impartialité des reportages
Des informations en profondeur indépendantes et équilibrées, telles que les émissions de télévi-sion et de radio en proposent, sont essentielles comme points d’orientation pour la démocratie.

Les médias ayant un engagement envers le Service public offrent une plateforme équitable pour divers points de vue politiques, favorisant ainsi les débats sociaux et permettent de se forger une opinion indépendante. À l’ère des «Fake News» et de la fragmentation croissante de la société, ceci s’avère plus important que jamais.

3. Échange solidaire entre les régions linguistiques
Nous devons aux compensations financières solidaires au sein de la SSR le fait qu’aujourd’hui, toutes les zones linguistiques fassent produire des programmes de même qualité qu’en zone ger-manophone. La Suisse romande, la Suisse italienne et la Suisse rhéto-romane reçoivent plus de moyens financiers pour leur production audiovisuelle qu’ils ne peuvent en «percevoir» du fait de leur taille démographique. Les prestataires privés d’émissions de radio et de télévision dans les régions profitent également du financement des médias audiovisuels.

Un financement solidaire par le biais d’une redevance, associé à un mandat de prestations, garan-tit que toutes les régions linguistiques profitent d’offres de grande qualité.

L’acceptation de l’initiative No-Billag toucherait profondément les petites communautés linguis-tiques et mettrait en danger la cohésion nationale entre les régions, les langues, la ville et la cam-pagne, les zones alpines et les zones urbaines.

4. Diversité et intégration
Tout le monde n’apprécie pas pareillement les émissions de télévision et de radio de la SSR et des radios locales. Mais offrir une diversité des programmes est justement l’une des principales mis-sions du Service public : les différentes communautés linguistiques, religions et générations, les personnes ayant un passé migratoire et les autres minorités doivent être intégrés aux pro-grammes.

L’intégration d’un plus grand nombre possible de groupes de population est également favorisée par des émissions en langue des signes ou avec sous-titrage. Pour les 6000 sourds vivant en Suisse et les quelque 10 000 personnes malentendantes, ces émissions sont des fenêtres ou-vertes essentielles sur le monde.

5. Menace pour l’emploi
Les redevances radio-télévision stimulent l’économie locale. Environ 7000 personnes travaillent aujourd’hui dans des médias financés par les redevances. De plus, de nombreuses entreprises – aussi bien des grosses entreprises que des PME – profitent des prestations qu’ils peuvent vendre à ces médias, comme par exemple les graphistes, les caméramans, les techniciens et les entre-prises de restauration et de transport. Supprimer la redevance aurait donc également des consé-quences au-delà du cercle des 7000 personnes directement concernées.

Pour plus d’informations ou pour consulter des articles de fond et des arguments contre l’initiative No-Billag, voir les pages suivantes:

médias pour tous : https://savethemedia.ch/
NON ! à No Billag : https://non-nobillag.ch/

 


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